Au coeur de la Méditerranée, une île de passion et de légende
Une Histoire féconde
Il y a 3500 ans, les Sicules, une peuplade d'origine latine débarque en Sicanie, une île située en face des cotes calabraises.
La Sicile fait l'objet de toutes les convoitises. Phéniciens, Grecs, Romains, Arabes, Normandes, Espagnoles, envahissent l'île, s'y livrent des batailles, fondent des familles, cultivent la terre, bâtissent des temples, des théâtres, des églises, des palais et des demeures somptueuses. Tous ont cherché à s'en emparer, aucun n'a pu la conquérir. Le coeur de la Sicile ne bat que pour elle-même.
La Sicile reste unique, un foisonnement de peuples et de cultures, un mélange de passion et de modestie. Un pays de contrastes, où orangers et citronniers fleurissent sur les cendres des volcans.
L’Epoque Grecque
La zone orientale de la Sicile a longtemps été la cible de colonisation des populations grecques à la recherche de nouvelles terres. La première colonie grecque en Sicile était Naxos (aujourd’hui Giardini Naxos), fondée par les Calcidesi (ou Ionici) provenant de l’Eubée en 734 av. JC. Ce même peuple a fondé en 729 av . JC la colonie de Lentini. Les Calcidesi de Naxos se déplacèrent vers le sud de la cote orientale et fondèrent un ensemble urbain qui correspond aujourd’hui à la ville de Catane (729 av. JC). D’autres peuples grecs débarquèrent en Sicile : les Corinthiens, qui fondèrent Syracuse en 733 av. JC, et les Mégariques qui fondèrent Megara-Hyblea. Messine la plus continentale des villes siciliennes fut fondée en 730 av. JC par des pirates Calcidesi provenant de Cuma. Des populations provenant de Rhodes et de Crête ont fondé Gela. Progressivement les populations installées en Sicile se déplacèrent vers d’autres colonies : les Corinthiens de Syracuse fondèrent Akrai en 633 av. JC (correspondant aujourd’hui à Palazzolo Acreide). Les Crétois de Gela s’installèrent à Akragas (Agrigente) en 580 av. JC, et les Megarici provenant de Megara Hyblea fondèrent Sélinonte en 627 av. JC. Les vestiges principaux de cette période sont la Vallée des Temples d’Agrigente et la zone archéologique de Ségeste. Dans l’architecture des théâtres sont rassemblées les principales caractéristiques de la culture grecque, et les sites de Syracuse, Eraclea minoa, Ségeste, Solunto, Morgantina, Palazzo Acreide et Taormine en sont l’illustration.
L’époque romaine
A la fin des guerres puniques, la Sicile est devenue une province romaine au 3ème siècle av. JC. L’intérêt des romains fut principalement agricole et le but était de profiter de ces ressources. Les petits villages, les fermes, les villas qu’ils construisirent devinrent le noyau original de ce qui deviendra dans le temps le latifundia. La Sicile est ainsi devenue le « grenier à ble » de Rome, indispensable pour son approvisionnement en céréales. De l’époque romaine, de nombreux vestiges sont encore visibles à Piazza Armerina avec la Villa del Casale et à Catane sur la Place Stesicoro.
L’Epoque Byzantine
En 535, les Byzantins conquièrent la Sicile grâce à une expédition envoyée par l’empereur d’Orient Giustiniano et conduite par son général Belisario. En 660, sous la menace de l’expansion arabe, Constantin décida de transférer la Capitale de l’Empire de Constantinople à Syracuse. Ceci donna une nouvelle aura à la ville de Syracuse mais n’apporta aucun autre avantage à l’île. Les lourdes charges financières imposées et une tyrannie lourde et injuste ont conduit au meurtre de l’Empereur en 668. L’année suivante, la capitale de l’Empire fut de nouveau installée à Constantinople comme le voulait le fils de Constantin. L’art byzantin représentait Dieu, à travers une nouvelle forme de peinture, les dites « icones » : sur fond doré, sans effet tridimensionnel, visage avec une expression figée indiquant la solennité et l’éternité du sujet représenté. La majorité des formes artistiques byzantines se retrouvent sur les mosaïques des cathédrales de Cefalu, Palerme et Montreale.
L’Epoque Arabe
Entre les 9ème et le 10ème siècles, la Sicile a vécu la conquête arabe et la capitale du nouveau royaume fut Palerme, dont tout le monde s’accorde aujourd’hui pour reconnaître le caractère le plus arabe de toute la Sicile. La nouvelle capitale connut une période plus que florissante. En effet, elle fut dotée de jardins, de mosquée et de palais. L’influence arabe apporta un nouveau souffle au développement de l’agriculture grâce, entr’autres, à de nouveaux systèmes d’irrigation, de nouvelles cultures comme la canne à sucre, le melon ou les agrumes.
L’Epoque Normande
En 1072, Palerme fut occupée et faite capitale du nouveau royaume normand. La capitale fut le centre d’un renouveau grâce à la construction d’églises et de palais, dont le principal édifice est le Palais d’Orléans. D’origine arabe, ce palais fut modifié selon l’architecture normande et accueille aujourd’hui le siège du parlement de la région sicilienne. L’église de Montreale est entièrement normande et fut construite au 12ème siècle. Il reste encore de nos jours de beaux témoignages historiques de cette domination grâce aux châteaux normands d’Adrano, de Paterno ou d’Acicastello, de dernier étant construit sur un éperon rocheux émergé de la mer, vestige de la naissance de l’Etna.